Une cause pas si fréquente de kératodermie palmoplantaire acquise
- Impact dermatologique d'une maladie générale
- Dermatologie pédiatrique
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Le cas clinique
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À vous de jouer !
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Co-prescription et conseils
Présentation du cas clinique
Ce garçon de 13 ans, sans antécédents, souffre depuis quelques semaines de lésions plantaires unies puis bilatérales prurigineuses. Un diagnostic de verrues a été porté par un podologue, puis un dermatologue a évoqué un érythème polymorphe débutant.
L’application d’un dermocorticoïde fort n’a pas empêché la progression de la dermatose vers une kératodermie plantaire presque diffuse associée à des lésions à distances plus caractéristiques.
Il s’agit de papules annulaires ou de macules infiltrées, érythémateuses, par endroit squameuses, des chevilles, des poignets, des lombes. Il n’y a pas d’atteinte des muqueuses ni des ongles, ni du visage ou du cuir chevelu. Une biopsie est pratiquée sur une papule du poignet.
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Diagnostic retenu
L’histologie est typique d’un lichen plan : atteinte de la jonction dermo-épidermique avec des nécroses bas situées, couche cornée un peu épaissie, orthokératosique, derme superficiel siège d’un infiltrat lymphocytaire en bande, grignotant la jonction.
Le lichen plan est une cause classique mais rare de kératodermie palmoplantaire acquise. Le diagnostic est relativement facile quand il existe d’autres localisations plus typiques cutanées, ces dernières permettant une confirmation histologique facile ce qui n’est pas toujours le cas quand les biopsies sont réalisées sur les paumes ou les plantes.
La kératodermie palmoplantaire du lichen est soit ponctuée, soit focale (macules infiltrées parfois confluentes) et beaucoup plus rarement diffuse. Son retentissement fonctionnel est souvent important (prurit, douleurs).
Explication des mauvaises réponses
- Le psoriasis palmo-plantaire atteint volontiers les paumes et les plantes des enfants sous forme d’une KPP focale ou diffuse souvent fissurée et douloureuse. Ni la topographie, ni la lésion élémentaire de l’atteinte à distance ne sont ici celles d’un psoriasis.
- La dermatophytie doit être systématiquement évoquée devant une kératodermie surtout plantaire et à début asymétrique. Le prélèvement mycologique négatif et l’atteinte à distance permettent ici d’éliminer ce diagnostic.
- Le syndrome de Papillon Lefèvre est une kératodermie palmo-plantaire génétique autosomique récessive qui s’exprime par une kératodermie palmo-plantaire psoriasiforme à début post-natal systématiquement associée à une alvéolite dentaire aboutissant à la chute définitive de toutes les dents.
Traitement
Un traitement par dermocorticoïdes très forts (avec occlusion pour la kératodermie plantaire) permet une régression progressive des lésions inflammatoires, la disparition des signes fonctionnels avec la persistance de macules pigmentées résiduelles. La rémission se poursuit à l’arrêt des dermocorticoïdes.
La prise en charge thérapeutique du lichen palmoplantaire ne diffère pas de celle du lichen hors paumes et plantes, avec une dermocorticothérapie en première intention et qui peut être relayée, en cas d’échec, par de l’acitrétine orale ou une corticothérapie générale.
Message de l'expert
Le lichen palmoplantaire est une cause très rare de kératodermie palmoplantaire chez l’enfant, contrairement à au psoriasis.
Références :
Almodovar-Real A et al Palmoplantar hyperkeratotic lesions: a rare presentation of lichen planus. Dermatol Online J. 2015 Mar 15;21(5):13030/qt50b5j4g0
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